Qui dit nouvelle année, dit nouvel opus de WWE 2K. Une fois de plus, ce sont les développeurs de Visual Concepts qui se sont collés au mastodonte du catch sur consoles (old-gen et new-gen) et PC. Toujours pour le meilleur ? Une fois de plus, surtout si sauter du haut de la troisième corde est votre credo, vous risquez de passer par la case portefeuille…
La première chose qui frappe quand on lance WWE 2K25, c’est la richesse du contenu proposé. Sept modes sont disponibles et leur durée de vie est abyssale. On ne peut éviter évidemment le classique Exhibition, qui comme son nom l’indique nous propose de monter sur le ring et de se battre de différentes façons : avec des règles extrêmes, en équipe, façon bagarre de rue (Underground), dans une cage en acier, avec des tables (il suffit d’en casser une en projetant son adversaire à travers elle pour l’emporter), avec des échelles, une ambulance, en jouant l’arbitre, en mode survie, avec un cercueil (coucou l’Undertaker), en soumission seulement ou en mode tous les coups sont permis… On en oublierait presque devant une telle abondance de biens que l’on peut se mettre sur la tronche de façon tout à fait classique et même, la jouer façon tournoi. Bref, pour ce qui est du bourre-pif entre potes, rien à dire, WWE 2K25 est super complet.
L’île de la Tentation (et des VC)

Varier les plaisirs est décidément le leitmotiv de cette nouvelle édition qui met Roman Reigns à l’honneur en jaquette. Dans le jeu, c’est également le cas, puisque ce dernier est le big boss du tout nouveau mode The Island, uniquement disponible sur Playstation et Xbox Series et qui rappellera de bons (ou pas) souvenirs aux joueurs de NBA 2K, puisque ce n’est ni plus ni moins qu’une version de The City, ce monde ouvert dans lequel le joueur peut déambuler et affronter d’autres joueurs en ligne dans différents modes et avec différents objectifs à atteindre. Même modus operandi dans WWE 2K25 : il faut créer son catcheur ou sa catcheuse et la personnaliser, avant d’aller en ville (pardon sur l’île) pour améliorer son aspect cosmétique ou remplir des objectifs dans votre quête ultime de décrocher un contrat à la WWE et d’être le nouveau numéro un.
L’ennui, c’est que le mode en question souffre des mêmes soucis que The City, à savoir une dépendance beaucoup trop accrue aux VC (Virtual Currency), la monnaie virtuelle de WWE 2K25, qui s’obtient soit en remplissant une multitude d’objectifs, soit en dépensant de l’argent réel sur le store. Et comme pour NBA 2K, on s’aperçoit très vite que pour progresser efficacement (donc rapidement), il ne faudra pas hésiter à payer et c’est toujours aussi discutable. Pour ne rien arranger, notre perso se déplace - même en courant - à une vitesse proche du mollusque. Et contrairement à The City, on n’a pas de carte pour se repérer. Heureusement, les points à rejoindre sont toujours plus ou moins dans la zone dans laquelle se situe notre avatar mais bon, on aurait pu attendre mieux niveau géolocalisation de la part des équipes. A leur décharge, il s’agit d’une première tentative, qui a le mérite de s’inscrire dans le petit vent de fraîcheur apporté par ce titre.
Une Ascension semée d’embûches et de trahisons

My Rise (Mon ascension) s’offre un scénario plutôt original : une mutinerie s’organise au sein de la WWE et voit des catcheurs de la NXT vouloir prendre leur envol, fatigués par les règles instaurées et appliquées depuis des lustres. L’histoire de WWE 2K25, qui nous impose la création d’un personnage masculin et féminin, ressemble à un vaste show TV durant lequel les trahisons vont bon train, les alliances sautent plus vite que celles nouées dans un épisode de Koh-Lanta avant un conseil et où les combats s'enchaînent, avec la possibilité de faire monter vos deux avatars via un arbre de compétences assez simplifié et même d’incarner certaines figures de la WWE.
On salue d’ailleurs dans ce mode la possibilité d’avoir et de réaliser des combats mixtes, avec la prise en compte des différences de gabarits. L’occasion de ratatiner la tronche et d’envoyer aux quatre coins du ring un catcheur un peu trop arrogant. La durée de ce mode est longue, peut-être trop au regard des enjeux proposés, de la répétitivité des situations - untel trahit untel, qui retrahit encore untel… - et de la qualité des dialogues, pas toujours passionnants et que l’on peut fort heureusement zapper, malgré la variété d’actions proposées (combats pour des ceintures, shows Raw et Smackdown, arrivée à Wrestlemania).
Mais là encore, on salue le fait de nous proposer autre chose qu’une simple histoire de course au succès et à la place de numéro un - le mode The Island le fait très bien - surtout que les cinématiques ne sont plus des vidéos avec des vrais catcheurs - hormis les interventions de Paul Heyman, qui nous accompagne sur la quasi-totalité du jeu - mais directement réalisées via le moteur de WWE 2K25. Cela joue énormément sur la fluidité du titre, qui a des temps de chargement infimes. Et on a pu noter d’ailleurs que le rendu de ces mêmes cinématiques, forcément travaillées, était meilleur que l’aspect visuel général ingame.
Un Showcase qui vaut le détour

Enfin, dans les gros changements de ce WWE 2K25, on peut saluer le travail réalisé sur le mode Showcase, qui propose de plonger dans The Bloodline et la dynastie des catcheurs samoans, de leur chef de file actuel Roman Reigns, en passant par la légende Yokozuna, le jeune The Rock (Rocky Maivia), Tana Umaga, Nia Jax, Tamina, Rikishi, Solo Sikoa… Un mode qui mélange donc, à travers une quinzaine d’affrontements (plus des bonus) le passé, le présent et le futur, avec des histoires de famille, puisqu’on peut incarner le grand-père de The Rock, le fils de Sika Anoa’i, Roman Reigns et qui a le mérite d’être dynamique avec des objectifs à atteindre durant chaque grand combat à rejouer.
Pour le reste, c’est du classique. On notera bien la possibilité de s’affronter en multijoueur en ligne et en local à 4 dans le mode My GM, qui vous permet de gérer un des shows de la WWE (Raw, Smackdown, NXT, NXT 2.0, NXT Mutiny, ECW, et WCW), celui de toujours jouer avec des cartes dans My Faction ou encore façonner vous-même votre vision du catch dans My Univers (un mode toujours aussi addictif et passionnant, avec la possibilité de raconter ses propres storylines notamment), rien de bien transcendant n’est à noter dans ce registre-là. Mais cela vous garantit, sans forcer, de pouvoir vous amuser comme il se doit avant la prochaine édition l’an prochain.
Un moteur qui souffre quand même un peu

Le tableau est presque parfait, presque parce que Visual Concepts va devoir tout de même améliorer sa formule. Graphiquement, on ne note pas une véritable révolution - ni évolution - avec l’opus précédent. On soulignera quand même un meilleur rendu des coups, des dégâts et de la fatigue sur le corps et le visage des catcheurs. Ces derniers ne sont d’ailleurs pas tous logés à la même enseigne niveau modélisation et on regrette, critique faite également à NBA 2K, le manque de soin dans le regard des catcheurs, qui manque parfois d’humanité, à l’image du public et des autres intervenants (arbitres, juges).
Mais le gros souci de WWE 2K25 reste le vieillissement du moteur, qui assume un parti pris entre simulation (fatigue des combattants, gestion des gabarits) et arcade (prises incroyables, rythme effréné, fluidité d’ensemble). S’il fait largement le boulot, notamment pour ce qui est de gérer plusieurs catcheurs en même temps, il souffre de quelques couacs malheureusement, comme des collisions gênantes, des soucis de déplacement, un manque de réactivité sur certaines commandes, un timing douteux et pour finir, un positionnement tout aussi discutable pour déclencher certaines prises et interagir avec certains éléments du décor, un comble quand on pense que l’interaction a encore été poussée à ce niveau pour rendre les affrontements encore plus funs. Il était impossible pour nous de ne pas en tenir compte dans notre test et dans la note, pas au point de bouder notre plaisir, ni le vôtre très certainement, mais suffisamment pour que vous sachiez dans quoi vous vous embarquez, au moins sur ce point, au moment de vous offrir WWE 2K25. Car, cette année, encore, il sera difficile de faire sans, surtout si vous êtes un gros mordu de catch.